Frise chronologique
XIVe siècle (avant 1417)
Fondation initiale
Fondation initiale
XIVe siècle (avant 1417) (≈ 1450)
Création probable du petit collège universitaire.
1551
Édit royal de reconstruction
Édit royal de reconstruction
1551 (≈ 1551)
Henri II ordonne la fusion de huit collèges.
1554-1561
Reconstruction du collège
Reconstruction du collège
1554-1561 (≈ 1558)
Travaux dirigés par Nicolas Bachelier et autres.
1654
Prise en charge par les doctrinaires
Prise en charge par les doctrinaires
1654 (≈ 1654)
Début d'une période d'expansion et de renommée.
1792
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Fin du collège, transformé en séminaire en 1809.
1997
Ouverture de la cinémathèque
Ouverture de la cinémathèque
1997 (≈ 1997)
Réhabilitation de l'ancienne chapelle en lieu culturel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures donnant sur la rue des Lois et sur la rue de l'Esquile ; façades sur cour ; escalier monumental du XVIIIe siècle (cad. 26AD 98) : inscription par arrêté du 29 novembre 1993
Personnages clés
| Nicolas Bachelier - Maître-maçon et architecte |
Conçoit le portail de la rue du Taur (1556). |
| Henri II - Roi de France |
Ordone la reconstruction par édit en 1551. |
| Bertrand de Lapointe - Premier principal du grand collège |
Dirige l'établissement à son ouverture en 1560. |
| Jacques Du Faur - Humaniste et conseiller |
Soutient la réforme du collège au XVIe siècle. |
| Philippe Pinel - Médecin aliéniste, ancien élève |
Figure majeure de la psychiatrie moderne. |
| Fabre d'Églantine - Poète et révolutionnaire |
Ancien élève célèbre du collège. |
Origine et histoire
Le collège de l'Esquile, fondé probablement au XIVe siècle, était à l'origine un petit établissement universitaire toulousain destiné à accueillir des boursiers. Son nom provient de la clochette (esquila en occitan) qui rythmait la vie des étudiants. Initialement modeste, il ne comptait que six étudiants nommés par l'archevêque, vivant dans une relative aisance grâce à des bénéfices ecclésiastiques cumulés. Le collège était organisé autour d'une cour centrale, avec des logements, une chapelle et une grange.
En 1551, sous l'impulsion des capitouls et d'Henri II, le collège est entièrement reconstruit pour devenir un grand collège municipal sur le modèle parisien, mettant l'accent sur les langues anciennes. Les travaux, dirigés par Nicolas Bachelier et d'autres maîtres-maçons, transforment radicalement les lieux entre 1554 et 1561. Le portail monumental de la rue du Taur, orné de blasons et de décors Renaissance, devient un symbole de ce renouveau. Le collège ouvre en 1560 sous la direction de Bertrand de Lapointe, mais il est temporairement fermé en 1562 en raison des troubles religieux.
À partir de 1654, les doctrinaires prennent la direction du collège et en font un établissement réputé, rival du collège des jésuites. Ils agrandissent les bâtiments, notamment avec une nouvelle aile sur la rue de l'Esquile en 1701-1702, et développent un enseignement axé sur la philosophie et les humanités. La chapelle, décorée au XVIIe siècle, et les galeries intérieures témoignent de cette période faste. Le collège ferme définitivement en 1792, pendant la Révolution, après avoir accueilli près de mille élèves à son apogée.
Après la Révolution, les bâtiments deviennent un Petit séminaire en 1809, puis abritent des bureaux administratifs au XXe siècle. L'ancienne chapelle, transformée en salle de spectacle et cinéma, joue un rôle clé dans la vie culturelle toulousaine, notamment pour les réfugiés espagnols dans les années 1930. Depuis 1997, elle accueille la cinémathèque de Toulouse, tandis que les autres bâtiments abritent des services publics comme la Trésorerie générale. Le portail de la rue du Taur, classé en 1910, et les façades sur cour, inscrites en 1992-1993, protègent ce patrimoine universitaire rare.
L'architecture du collège mêle des éléments médiévaux, comme les arcs gothiques de la rue des Lois, et des ajouts Renaissance et classiques, tels que les portails en pierre et brique alternée. La cour du Taur, avec son bâtiment moderne en béton armé, contraste avec les façades néoclassiques de la cinémathèque. Une fresque murale de 1933, Le Socialisme aux champs, découverte dans l'ancienne chapelle, rappelle l'histoire sociale du lieu. Le collège de l'Esquile, avec ses voisins (Périgord, Foix, Saint-Raymond), est l'un des derniers vestiges de l'université médiévale toulousaine.
Parmi ses anciens élèves célèbres figurent des médecins comme Philippe Pinel et Antoine Portal, des révolutionnaires comme Fabre d'Églantine et Joseph Lakanal, ou encore des écrivains comme Maurice de Guérin. Ces personnalités illustrent l'importance du collège dans la formation des élites toulousaines et nationales, des Lumières à la Révolution. Aujourd'hui, le site allie préservation patrimoniale et vie culturelle, perpétuant son rôle central dans la ville.